GELUCK DE BRONZE (CHAMPS ÉLYSÉES 2021)
GELUCK AU MUSÉE BOURDELLE (2026)
GELUCK DE BRONZE (CHAMPS ÉLYSÉES 2021)
Hier, nous sommes allés, bravant le danger sournois de la pandémie, sur les Champs Élysées où sont exposées les sculptures en bronze du chat de Geluck. Depuis longtemps déjà, je suis un adepte de cet humour qui marie l’art et la dérision dans un feu d’artifice de jeux sémantiques jamais dénués de sens et d’arrière pensées humanistes.










































En mariant une forme majeure (le bronze) au dessin d’humour, ces sculptures dynamitent l’art officiel. à preuve, les vitupérations colériques des bourgeois du coin. Mais la foule ne s’y trompe pas, elle. Elle vient admirer le long alignement de statues et les appareils photo crépitent devant ces clins d’oeil à la fois érudits et impertinents qui font la réputation de l’humour belge.
Cette utilisation surréaliste de l’art n’est pas sans me rappeler Damien Hirst qui avait envahi Venise, en 2017, de ses statues démesurées d’une mythologie revue et corrigée, révélant, par exemple, un Mickey couvert de coquillages, parmi les statues antique.






























Cet humour sémantique dans lequel excellait Raymond Devos, n’en pensent les rhéteurs chafouins, donne du sens à l’art, là où le pompier le vide de sens et l’abstraction et le formalisme le fige dans une cuistrerie de salon. L’humour et le décalage mettent le doigt sur la beauté de nos faiblesses, l’indécence de nos vanités.


Cela me rappelle mon enfance, quand ma mère, m’ayant exilé dans une terreuse colonie de vacance éclésiastique, se rachetait en m’envoyant des cartes postales de Siné où, déjà, le chat faisait de la pataphysique.

Et, juste parce que je n’arrive pas à m’en empêcher, j’ai recartoonisé les bronze de Geluck …




















PHILIPPE GELUCK AU MUSÉE BOURDELLE


Il y a bientôt une quarantaine d’années j’ai découvert le Chat de Philippe Geluck, je pense dans la revue À Suivre qui me faisait découvrir la bande dessinée littéraire. J’e avais adoré l’humour décalé, l’ironie qui, comme chacun sait, doit être mordante sans trop laisser de marques. L’humour Belge, toujours marqué par une pointe de surréalisme à la Magritte.
Je l’ai redécouvert sur les réseaux sociaux qui lui font la part belle, puis en sculptures sur les Champs Élysées, joli pied de nez à l’art officiel.
Il se retrouve, en ce moment au Musée Bourdelle, un peintre qui sculpta à l’infini la même personne parce qu’il ne savait pas dessiner. Son expo dynamite l’espace de ce petit musée en exposant aussi la même et unique personne : le Chat. Mais aussien passant du dessin, qu’il dit être un art mineur, à la sculpture, en bronze, qui en fait des tonnes.
Cette rencontre a du sens car elle met en regard deux obsessions, l’une d’un académisme pompéien, l’autre d’une ironie bruxelloise. Et le Chat bouleverse l’espace, se joue de notre parcours, s’amuse à nous méta-diriger en commentant le parcours même qu’il nous propose. Et dans cette exposition, l’oeuvre de Bourdelle sert de contrepoint, nullement séparée, mais entrelacée, comme ça, l’air de rien. Elle donne un sens au reste du musée.
La présence d’un groupe d’artistes du troisième âge venus recopier les statues ajoutait à l’ironie de l’ensemble en multipliant les effets de miroir. Le musée Bourdelle prenait une forme de kaléidoscope, de palais des mirages tout à fit saisissant.
Hélas, comme toutes les expositions, elle finira par s’effacer pour laisser place à d’autres qui ne lui rendront pas une telle justice.


























































































