Cités Magiques

Toute ma vie j’ai fait de longs voyages.

Tout autour du monde, j’ai mis le pied dans des villes prodigieuses qui ont bercé mon imagination par leur paysages et leurs ambiances singulières.

J’ai vu New York, Moscou, Tokyo, Hanoï, Londres, Berlin, Stockholm, Athènes,Bruxelles, Dakar, Madrid, Istanbul, Rome, Oslo, Dublin, Lisbonne, Zurich, Prague, Amsterdam, Vienne, Budapest, Varsovie, Vancouver …

Et je ne parle là que des capitales, des villes majeures. Il faudrait aussi parler de Séville, de Florence, d’Edimbourg, de Cologne et de Linz ou Marseille, de Bruges ou de Ségovie, de Lyon ou de Lucerne, de Luxembourg ou de Lille.

Comment taire ma passion pour New York, mon amour pour Hanoï la douce, pour Athènes et Vancouver ? Et j’aime Paris, ma ville, sa beauté, son mauvais caractère !

Cependant, il existe deux villes qui font plus que cela. Deux villes qui vous coupent le souffle quand vous y mettez le pied, deux villes qui sont les mythes d’elles-mêmes. Deux villes sortie de la folie et du génie humain, deux villes qui se sont faites contre la nature, deux villes improbables et fabuleuses.

Ce sont Venise et Saint Pétersbourg. Toutes deux se sont construites là où il était inimaginable de créer une ville. Toutes deux sont des cités surgies de l’eau et des marais. Toutes deux on fait et font encore rayonner le génie et la démesure des hommes.

Je les illustre ici par un choix de photos panoramiques qui mettent en valeur l’aspect « plein les yeux » plutôt que l’intimité, parce que cette dernière, il faut y aller pour la connaître.

VENISE

C’est la cité de toutes les émotions, de tous les excès, de toutes les imaginations. Sublime dans son délabrement et ses renaissances, Venise vous saisit et vous porte hors de votre monde dans le tourbillon éblouissant de son histoire.

On y arrive et tout est tout de suite familier, on se fond dans la cité, on ne se lasse pas de se perdre dans les venelles et les petites places. Quand on a esquivé les troupeaux de touristes hagards qui se tassent dans une seule rue, on se trouve en la seule compagnie des chats et des mille fantômes d’une histoire étincelante.

Venise n’est italienne que par la main gauche. C’est d’abord une cité qui fait le pont entre l’Orient et l’Occident. Byzantine et baroque, elle exhale des secrets et des étrangetés à chaque coin de rue. Silencieuse car sans voiture, elle fait place à la musique, aux bruits de la vie, au silence.

SAINT PETERSBOURG

Saint Pétersbourg, c’est la Venise du Nord, enfin celle qui mérite le plus d’être appelée ainsi car la moindre bourgade avec quelques canaux revendique ce titre trop facilement usurpé.

C’est la Venise du Nord, non seulement parce qu’elle est sillonnée de canaux, mais parce que, comme Venise, elle a surgi des flots et du néant, pour s’emplir de palais et de perspectives magiques.

Quand on arrive à Saint Pétersbourg, une fois encore, on est saisi, sidéré, emporté dans l’imaginaire grandiose de la cité.

Pour mieux comprendre Saint Pétersbourg il vaut mieux écouter l’adagio de la Symphone Leningrad de Chostakovitch.

https://music.apple.com/fr/album/symphony-no-7-in-c-major-op-60-leningrad-adagio/1046248685?i=1046248706

Saint Pétersbourg, comme Venise, ne se sent pas russe, mais plutôt un pont entre la Russie et l’Occident. C’est une cité unique et ses habitants ont ce même orgueil frondeur qui causa la révolution et qui la fit résister aux Allemands pendant 900 jours.

Les communistes s’en méfiaient et lui préférèrent Moscou, mais il la reconstruisirent quand même, avec un respect quasi religieux.

Ces deux cités partagent la magie de leur intemporalité. Elles échappent au défilement des âges et se préservent comme des mondes à part, des concepts indifférents au changement. C’est d’autant plus vrai pour Venise qui lutte contre la submersion par la mer et par les touristes. Cela l’est un peu moins pour Saint Pétersbourg plus ouverte sur sa jeunesse et la modernité. Mais, en plein hiver, quand la neige forme un épais tapis, que la Neva et les canaux sont gelés et que la nuit glacée à fait fuir les passants, arrêté les voitures, Saint Pétersbourg se fait silencieuse et mystérieuse comme Venise pour le plus grand bonheur du promeneur transi.

Toutefois, contrairement à New York, par exemple, ces deux villes se préservent contre les transformations, les abatardissements. Il n’est pas innocent de constater que ces deux cités sont ceinturées des pires exploits de l’industrie, les lourdes usines de Saint Pétersbourg, les raffineries de Mestre à l’horizon de Venise.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s