Les musées de Paris et d’ailleurs (2)

Avec 25 visites et descriptions de musées et d’expositions, l’article Les musées de Paris et d’ailleurs (1) a atteint ses limites. Il est donc nécessaire d’en créer un second tome, comme dans les romans de cape et d’épée où le feuilleton dure si longtemps qu’on ne peut l’enfermer dans un seul volume.

N’hésitez pas à vous y rendre, car il renferme mille merveilles qu’il m’a été donné de voir dans et autour de Paris …

LES MUSÉES DE PARIS ET D’AILLEURS (1)

Ce nouvel article reprend le précédent sans rien changer à sa disposition.

LE MUSÉE DE CLUNY ET LES LICORNES

LE MUSÉE DE CLUNY ET LES LICORNES

Nous avons saisi l’occasion d’une exposition sur les licornes pour aller visiter le musée de Cluny. J’y étais entré, il y a plus d’un demi-siècle avec des amis pour écouter, allongé sur le sol sablonneux du frigidarium un concert de Xenakis en ne fumant pas que des matières légales. Nous étions étudiants, j’étais fou amoureux d’une des étudiantes et Xenakis, c’était de la musique chic, avec les jeux de lumière qui l’accompagnaient.

En ce temps là, on se fichait bien des vestiges du Moyen Âge et de la Dame à la Licorne. Nous étions plongés dans un passé millénaire avec une musique du prochain millénaire.

Le musée de Cluny, ce sont quatre couches de transformations plus ou moins heureuses.

1 – Les thermes de Cluny. Probablement le plus ancien bâtiment de Paris. De grandioses salles voutées de style romain (pierres blanches alternées avec des lignes de brique). L’ensemble est tombé en ruine au fil du temps et il n’en est resté que le fameux frigidarium.

2 – Les constructions du Moyen Âge qui se sont développées comme le lierre sur une façade pour leur donner leur style, sans le moindre égard pour le style d’origine, honni en ce temps.

3 – Les restaurations du XIXème siècle où Michelet, Dumas, Victor Hugo et Viollet le Duc se sont acoquinés pour réinventer un Moyen Âge imaginaire à la mesure de leurs talents littéraire, à défaut d’historiens. Les ruines romaines se sont fondues dans la fiction, rendant le lieu plus romantique qu’authentique.

4 – La rénovation moderne qui se veut respectueuse d’une authenticité à gros sabots. On a bourré le leu de portes en verre, de plateaux intermédiaires et de parois en béton blanc. Ça se voudrait élégant, c’est tout simplement vulgaire. Les ultimes traces de l’antiquité sont raturées par des systèmes d’exposition ratiotinés qui brisent les grands espaces romains et rendent l’ensemble mesquin.

L’exposition sur les Licornes tien en quelques salles et n’est que l’ombre de celle qui a eu lieu en Allemagne. On y apprend que la Licorne est un symbole de pureté, qu’elle est à la fois une métaphore de Jésus et un symbole de courage. On y apprend que si on n’en trouve guère, c’est qu’elles n’on pas pu monter sur l’Arche de Noé. On y voit la canne de Talleyrand, faite d’une dent de narval. On voit qu’elle est universelle et hésite entre être parente de la chèvre ou du cheval. 

Puis on visite la salle des tapisseries de la Dame à la Licorne. La véritable raison de visiter ce musée. Elles sont maintenues dans une semi obscurité car le rouge est une couleur fragile et qu’elles ont nettement pâli depuis l’âge où elles furent tissées.

Puis on se promène à travers un Moyen Âge qu’on aimerait un peu plus trépidant, se contentant d’aligner des artefacts rangés par catégories, histoire de ne pas échapper à l’ennui.

Ce serait une bonne chose que les concepteurs de musées s’intéressent un petit peu plus à ceux qui viennent les visiter.

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