Paris en rêves

AQUARELLES ET VISIONS RÊVÉES

LES PASSAGES

AU COEUR DE PARIS

CAUCHEMAR AU QUARTIER LATIN

MONTMARTRE

LE GRAND EMBALLAGE DE CHRISTO

AQUARELLES ET VISIONS RÊVÉES

Paris, c’est ma ville. Paris c’est moi. J’y suis né, je connais son air, ses rues, ses bruits, son caractère ombrageux et goguenard. Paris, c’est la ville dont tout le monde rêve, que l’on veut visiter une fois dans sa vie. Paris, c’est la ville lumière, même pendant les grèves d’électricité.

Paris est une petite ville par sa surface et une ville immense par ses contrastes. Elle est petite parce qu’on a toujours voulu l’enfermer, l’étrangler dans des enceintes et des boulevards et des rangées d’immeubles impénétrables. Elle ne fait que cent kilomètres carrés de superficie (si on oublie, bien sûr, les banlieues car Paris tient à se distinguer de sa banlieue !), c’est minuscule ! On peut la traverser à pied sans trop se fatiguer.

Cela la distingue de toutes les autres capitales dont la moindre est dix fois plus grande et se dilue sans gloire dans d’interminables faubourgs.

Pourtant, comme le tronc d’un arbre, chacun peut voir le défilement des époques en observant les cernes que forment les rues depuis son centre romain, Cluny, toujours là, preuve de l’incroyable pérennité de la ville. 

Et dans ce monde concentrique, on a tranché d’immenses rayons de lumière qui, au lieu de défigurer la ville, lui ont offert plus de grandeur. Grâce à ces avenues, on voit de loin la splendeur des monuments, on saisit l’harmonie des symétries grandioses.

À l’instar de beaucoup de Parisiens (on le naît et on le reste), j’adore revisiter ma ville. Jamais je ne boude de m’émerveiller devant son élégance comme devant la truculence de ses ambiances.

Comme un voyageur émerveillé, je me plais à la photographier. Pourtant je souris toujours en voyant les dizaines de touristes se prenant en photo sur fond d’Arc de Triomphe en haut des champs Élysées. Combien de millions de fois la même photo ?

J’aime saisir les espaces et les perspectives, mais j’aime encore plus saisir les détails, les moments éphémères, les ambiances qui sont l’esprit de la ville, sa capacité de se réinventer. Chacun sait que Paris n’est pas enfermée dans ses monuments. Paris c’est la multitude de ses étrangetés, de ses mélanges détonants, de ses instants de magie.

Je propose ici un ensemble d’images qui sont une autre façon de regarder la ville. Ces images sont aussi celles d’événements et d’oeuvres d’artistes qui ont choisi Paris comme support à leurs créations.

Beaucoup de ces images ont été retravaillées pour ajouter de la magie au prétendu réalisme des photos. Les photos ont été prises à diverses époques, certaines étant des clichés de l’avant numérique … Paris est un rêve qui dure depuis si longtemps !

D’autres images viendront enrichir ce premier coup d’oeil … 

J’adore transformer les images de ma ville et, d’un cliché réel end faire une vision de rêve. On me le reproche souvent en me disant que je dénature la vérité de l’image. Foin de cela, la vérité n’existe que pour qui veut la croire. Donc je m’exerce à transformer les clichés. Pas forcément les miens, mais tous ceux qui m’inspirent.

RETOUR

Les Passages

Parmi les endroits qui stimulent l’imagination et emportent dans des rêves et des voyages merveilleux, il y a les nombreux passages qui traversaient Paris et dont il en reste quelques uns. Tout d’abord, les beaux et très connus qui relient le Palais Royal aux Grands Boulevard. Magnifiques et très touristiques, ils sont très fréquentés. Les panoramas ont disparus, comme la plupart des attractions datant d’avant le cinéma, mais l’atmosphère demeure. On se sent envoyé dans un autre siècle.

Mais il existe un autre groupe de passages, partant de la rue Montorgueil et finissant rue du Faubourg Saint Denis. Ce sont des passages plus bruts, moins connus, moins luxueux. Certains sont délabrés et ont perdu leurs verrières, d’autres ont été investis par les Pakistanais, les Indiens, les Africains qui leur donnent une vie nouvelle, aux limites du magique. Le passage du Grand Cerf est dédié à l’artisanat chic, le passage du Caire est levantin et ouvre sur les boutiques de mode des Pakistanais. Puis on trouve les coiffeurs Africains. Tout s’achève avec le passage Brady qui nous envoie dans le monde des restaurants indiens.

Il arrive parfois que certains regrettent que des quartiers, des rues, des passages soient devenus les lieux d’élection de toute une population immigrée aux pratiques et aux parfums exotiques. Ceux-là oublient que c’est à cette diversité que toutes les villes du monde puisent leur richesse et leur âme.

Tout cela en traversant des quartiers à la gloire des grandes maisons du XIXème siècle plantées au milieu des vieux immeubles aux façades penchées.

Voici un exemple qui prend son origine dans la plus ancienne photo de la ville, un daguerréotype de 1839 qui montre, en passant que Notre Dame n’avait pas de flèche avant qu’un autre rêveur ne lui en plante une sur le dos.

Et pour finir, un projet qui comblera tout le monde :

RETOUR

AU COEUR DE PARIS

Après des mois des mois de confinement, nous voici repartis à la découverte d’un Paris vivant, jeune et accueillant, entre la Samaritaine transformée en temple du luxe, un Ventre de Paris qui n’a pas oublié Zola et un Sentier cosmopolite, nous avons déambulé le nez en l’air …

Cela me donne un appétit d’ogre !

Et voici une interprétation d’un angle de rue …

RETOUR

IL ARRIVE AUSSI QUE PARIS TOURNE AU CAUCHEMAR

Comme nous le faisons désormais chaque semaine, nous sommes partis en balade dans Paris, à la découverte d’un nouveau quartier, comme si nous étions deux touristes curieux de la ville. Nous nous promenons en levant le nez et en musardant à la recherche d’images et de scènes insolites qui surprennent toujours ces prétendus grands connaisseurs de la ville que nous sommes.

Hier, nous avons déambulé de Sèvres Babylone au Châtelet, traversant le sixième et un partie du Quartier Latin.

Quelle ne fut pas notre déception. Le quartier de jeunes étudiants bohème de notre jeunesse s’est mué en une sorte de monstre empli de touristes en short et de d’une foule de gens moroses et indifférents. Les boutiques de gadgets et de souvenirs vulgaires on pris le pas sur les librairies, Les gargotes d’antan sont devenues des restaurants hors de prix et toujours aussi mauvais, les boutiques de mode ont remplacé la vie de quartier. Les cinémas ont abandonné l’art et l’essai pour le profit des productions rentables.

De plus, la maire Hidalgo s’est ingéniée à engendrer une circulation totalement anarchique où des cyclistes jaillissent de partout en vous abreuvant de mots orduriers quand ils manquent de vous tuer en provenant de nulle part, et où chaque venelle est sujette à la circulation dans trois sens différents selon que vous êtes un bus, un vélo ou une voiture. Le piéton n’a pas sa place … Elle a grandement contribué à dénaturer ce quartier au nom d’un dogmatisme de butor.

Au bout de quelques heures, nous avons préféré fuir ce quartier qui n’a plus rien de latin.

RETOUR

Sur la Butte MontMartre

Promenade du Jeudi dans Paris. Comme d’habitude, nous endossons les habits d’Ethel et Wilbur, deux Anglais qui découvrent Paris avec la stupéfaction juvénile de leur grand âge. Aujourd’hui, nous attaquons Montmartre, en oubliant simplement le Sacré Coeur, cette terrible pâtisserie bâtie pour célébrer le massacre des Communards et la restauration de la foi (de veaux).

En fait, ce sont trois strates superposées qui s’offrent à nous : Le boulevard avec la place Pigalle et son air de fête, le quartier des Abbesses provincial et nostalgique, entrecoupé d’escaliers, la Place du Tertre et le Sacré Coeur et sont aspect de parc d’attraction.

Nous mettons le cap sur les Abbesses et les mille rues coupées d’escaliers de la Butte. Contrairement au Quartier Latin complètement dévoyé, Montmartre a survécu aux assauts d’Hidalgo et, dans ses parties basses, garde une grande partie du caractère chaleureux, un peu gribouille qui avait fait mon bonheur quand, étudiant, j’y habitais, il y a un demi-siècle. On s’y sent bien et même la daube touristique garde du charme.

RETOUR

Le Grand Emballage !

Il y a bien longtemps, nous avions pu admirer le Pont Neuf habillé d’or par Christo. Aujourd’hui, nous avons été saisi par cet Arc de Triomphe habillé de d’argent aux relets bleus ligoté de cordes rouges et surgissant sur le ciel de Paris.

N’en déplaise aux pourfendeurs de cet emballement (oui, je sais !), recouvrir le monument l’habille, comme l’habit fait le roi. Tout le monde sait (ouais, bon !) ce qu’il y a en dessous de cet habit de lumière qui rayonne au soleil couchant, mais l’habit suggère ce qu’il cache, sublime la silhouette et la majesté du monument. Les badauds ne s’y trompent pas. Des milliers viennent voir cet Arc de Triomphe qui ne se voit pas. Cette esplanade le plus souvent déserte sur laquelle il se dresse, grouille d’une foule de touristes, de Parisiens qui viennent redécouvrir ce monument si connu qu’on ne le regarde plus, et même de patriotes couverts de médailles qui se sentent grandis. Mon Grand Père qui fut un héros de la Grande Guerre, décoré à la fois par les Français et les Allemands pour acte de grande bravoure et d’esprit humain, fut invité à ranimer la flamme alors qu’il dépassait les 90 ans. Et cette flamme brille sous les arches habillées d’argent. 

L’acte créateur est éphémère, il ne demeurera bientôt que dans nos souvenirs et quand nous regarderons l’Arc, la statue de la Liberté Guidant le Peuple, dans quelques mois, nous devinerons ce voile de lumière dont elle fut revêtue pendant quelques semaine.

Et en quittant ce lieu, nous avons pris les Champs Élysée où Dior nous offre des visions tout autant évocatrices.

J’aime Paris !

Et parce que l’oeuvre est entrée dans mes rêves, la voici par mes yeux intérieurs :

Edited in Prisma app with Femme

RETOUR

The World in my Dreams

Au commencement existait la photo argentique. Il fallait tout calculer à l’avance et prendre soin de son cadrage. On devait toujours se souvenir que chaque déclenchement coûtait cher et que les pellicules ne contenaient au mieux que 36 vues. On devait attendre son retour pour pouvoir constater qu’on avait réussi ou raté ses photos. Bien des instantanés saisis dans l’instant se sont révélés au retour de tristes clichés mal cadrés, mal exposés et encombrés d’un passant inopportun…

Puis a surgi la photo numérique que tout photographe un peu expert a vilipendé avec mépris. Il n’est pas de personne plus conservatrice qu’un photographe ! Il en est encore à proclamer que rien ne vaut ce bon Kodachrome, voir cet excellent Tri-X. Le numérique a immédiatement apporté deux solutions décisives aux problèmes de photographes : Le nombre de clichés n’était plus limité et on pouvait vérifier dans l’instant si la photo était réussie. Le capteurs  et les cartes de mémoires étaient les seuls points noir de ce progrès, Mais, au fil des ans, tout ceci a changé et les moindre capteur dépasse facilement les capacités des meilleurs films et les cartes sont capables de stocker des montagnes de photos.

Puis sont apparus les logiciels de traitement de l’image, en particulier l’incontournable Photoshop, qui ont permis d’apporter aux photos brutes les améliorations nécessaires à leur qualité. Grace à ces logiciels et un peu d’entraînement, on a pu améliorer considérablement les photos qui se sont affranchies très largement des contraintes de l’instant de la prise de vue.

Un dernier pas est franchi avec les innombrables applications associées aux tablettes. L’utilisation et la combinaison de ces applications élimine toutes les limites de l’imagination. Grâce à ces applications la photo devient image. La réalité saisie à la prise de vue n’est plus qu’un point de départ pour celui qui cherche, comme moi, à composer des images à partir d’éléments réels, mais objets de toutes les formes de créativité.

J’ai bourlingué un peu partout sur cette planète, découvrant au fil des ans de nombreux pays aux atmosphères, cultures, climats forts et différents. 

J’ai, pendant près de trente ans, été un habitué de l’avion de sept heures, celui que prennent ceux qui travaillent « à l’international », c’est à dire qui doivent arriver quelque part en Europe pour la réunion de neuf heures… et plus loin pour celle qui commence en début d’après-midi. On les reconnaît bien dans, les aérogares, à leur costard et leur « attaché case ». Ils sont seuls, pressés, fatigués et de mauvais poil. Chaque matin, de partout, partent partout des avions bourrés de ces types en gris. arrivés à destinations, ils sautent tous dans des taxis qui les mèneront à leur réunion dans une salle aveugle dans un immeuble bien propre, qui ressemble comme deux gouttes d’eau à tous les immeubles de bureau. Et ils rentreront au soir par le même genre d’avion.

Et je voyageais dans ces avions. Mais j’essayais toujours de faire l’école buissonnière et de m’échapper vers la beauté des villes mystérieuses qui entouraient les immeubles de bureaux. Les gens avec qui je travaillais partageaient la même curiosité pour la magie du monde. Cela s’ajoutait bien sûr à tous les voyages pour le voyage. Mais je n’aurais jamais pu voir autant le monde qu’en m’évadant des innombrables trajets d’un jour au milieu des hommes en gris.

C’est ainsi que j’ai parcouru l’Europe :

Je suis allé aussi beaucoup plus loin :

Chaque pays, chaque contrée, chaque ville, chaque moment engendre des émotions qui sont autant de filtres de la réalité. La prise de vue permet de saisir et même de mettre en valeur cette valeur imaginaire, mais c’est au traitement que l’on peut ajouter, dilater et transformer cette valeur émotionnelle pour la conduire dans l’onirisme. 

J’adore me livrer à ce jeu qui se perfectionne au fil des ans. Travailler, transformer, amender, détourner, tricher avec le réel me permet de parler de mes rêves, de ces univers que l’on découvre en dormant, qui ressemble énormément à la réalité, mais qui ne l’est du tout non plus. J’essaie de faire des images venues de mille endroits dans le monde l’expression de mes rêves. Il m’arrive parfois (rarement) d’emprunter des images qui existent, prises par d’autres, mais qui me touchent. Je les altère, les modifie, y introduits des éléments qui les font échapper au réel. C’est une façon de créer un monde poétique en résonance  avec ce que m’inspirent les lieux.

On me dira que les collages et les trucages existent de longue date et que les surréalistes jouaient énormément à cela. Les dictateurs aussi. On comprendra que ce que l’on peut faire aujourd’hui est différent dans la facilité de créer l’illusion dans des profondeurs inaccessibles il n’y a pas 20 ans.

Entre les photos qui s’attachent à rendre la beauté et la magie du réel et les images qui nous entraînent vers le monde des rêves se dessine la différence entre présenter et représenter. Dans le premier cas il s’agit de se plonger dans l’essence du réel, dans le second il s’agit de s’évader de ce même réel. Il arrive même que les deux processus finissent par converger dans une même émotion. Toutefois la photographie traditionnelle, dans sa volonté de pénétrer dans la nature profonde des choses, procède par métonymie, par désignation de ce qui résume la chose. L’image onirique procède de l’inverse, échappant à la comparaison, elle s’évade dans vers l’arbitraire de la métaphore qui ne relève que de la complicité entre l’auteur et celui qui regarde.

Autant dire que les deux procédés sont respectables, mais que nous nous intéressons ici au second qui fait vibrer la corde du rêve.

Voici une sélection d’une centaine de ces images choisies pour leur diversité de lieux et d’interprétation graphique.